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Achim – Les 12 rookies à suivre

Achim

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Pur produit de La Castellane, dans le 16e arrondissement de Marseille, Achim a déjà un long vécu dans le hip-hop. Il offre un rap plein de rage, en prêtant toujours attention à la musicalité de ses morceaux. Alors que son premier EP, « R », est sorti le 17 avril dernier, il a logiquement sa place parmi les 12 rookies à suivre.

Salut Achim, est-ce-que tu pourrais te présenter pour ceux qui ne te connaissent pas encore ?

Je m’appelle Achim, je viens de La Castellane à Marseille, et je suis dans le rap depuis mes quinze ans !

Achim

Depuis combien de temps est-ce-que tu es dans le rap ?

Je fais de la musique depuis dix ans.

Pourquoi as-tu décidé de devenir rappeur ?

Le rap on soit c’est le plus facile à faire pour moi, c’est comme ça que ça a commencé, parce que c’était plus simple. Ces dernières années ça devient vraiment sérieux.

Pour toi, le rap, c’est quoi ?

Le rap pour moi aujourd’hui c’est plus un métier, je suis signé en maison de disque, je suis sérieux. En fait ça a commencé avec Tolec (un producteur proche d’Achim – ndlr). Il m’avait dit qu’on allait faire quelque chose, il avait des contacts, c’est comme ça que ça a commencé. Là on est en train de se développer, de se professionnaliser. 

Quelles ont été tes influences ?

Des personnes de mon entourage déjà, j’avais des cousins qui écoutaient beaucoup de musique et j’ai découvert le rap avec eux.  Quand j’étais plus jeune je n’étais pas du tout dans le rap français parce que je n’aimais pas, ça manquait de musicalité pour moi. J’étais plutôt tourné vers la scène américaine des années 2000, Busta Rhymes notamment. En France j’aimais bien le Saïan Supa Crew ou Disiz, les mecs un peu originaux quoi. Je n’étais pas vraiment dans le délire Rohff – Booba.

Comment est-ce-que tu définirais ton style de rap ?

Même si des fois c’est très sombre, il faut que ce soit musical et percutant. Le problème du français c’est que c’est complexe, pour expliquer un truc simple il faut souvent utiliser 1000 mots, ça peut être compliqué. Alors moi mon but c’est que mon rap soit musical et percutant, avec du fond dans l’écriture et des sonorités sympas. 

À quel moment est-ce-que tu as senti que quelque chose se passait autour de toi et de ta musique ?

Je ne sais pas si dire qu’il « se passait quelque chose » n’est pas un peu prématuré, mais les « Gamberge » m’ont aidés à me faire connaitre un peu plus. Mon premier post c’était le 31 janvier avec « Traîner ton fils », toutes mes actualités sont donc plutôt récentes.

Justement, tu t’es fait connaitre avec « Traîner ton fils », une référence évidente à NTM. Pourquoi avoir choisi de rendre hommage à ce morceau ?

Parce que la boucle est incroyable déjà. Je ne suis pas le seul à l’avoir reprise, en fait on a fait plusieurs sons, et celui-là ressortait, c’est juste ça. C’était pas vraiment un hommage en fait, simplement la boucle me plaisait et je me suis dit que mon texte collait au thème qui est complètement d’actualité.

Tu as donc sorti ton premier EP « R » le 17 avril, raconte-moi la création de ce projet…

C’est Tolec, quand on a bossé ensemble il est parti sur cette idée directement, il voulait faire des capsules, un projet tous les trois mois. De là on a commencé à réfléchir à la ligne directrice du truc. Il m’a dit qu’il voulait des EPs de pas plus de quatre sons, mais qu’on ressente mon univers. Donc on a des morceaux variés, même si pour l’instant il n’y en a que quatre, un morceau chanté, un morceau plus hardcore. J’ai signé en août dernier, on a travaillé et j’ai sorti mon premier EP en avril. Au final on va envoyer quatre EPs différents qui annonceront un autre projet, l’idée n’est pas que ça fasse un album ! Le titre de chaque EP sera une lettre, ça fera un mot, et ensuite ça devra annoncer le prochain projet.

Comment est-ce-que ton public a réagi à cet EP ?

Il y a eu des bons retours, après comme je ne suis pas très connu les gens ont du mal à m’associer à ça, ils viennent par les « Gamberge » principalement. Sur mon EP, les retours sont pour l’instant plutôt cool.

Tu as aussi uploadé sur YouTube les coulisses de la création de ton morceau « Encore un autre ». C’est important pour toi d’offrir ça à ton public, de leur montrer ce que d’habitude on ne voit pas ?

En fait j’aime être en studio, créer, m’amuser à faire des sons. Même quand je dois me reposer et prendre du temps pour moi je me retrouve au studio, ça fait vraiment partie de ma vie. Je me suis dit que si quelque chose me définissait c’était bien ça, donc je préfère montrer ça au public plutôt qu’autre chose. Les gens qui l’ont vu ont été agréablement surpris, en plus j’ai choisi de faire ça avec « Encore un autre » parce que j’adorais le morceau mais qu’il n’était pas beaucoup écouté. C’est des vidéos que je continuerais à faire plus tard, c’est sûr. 

Il y a aussi ta série de freestyles « Gamberge du soir » qui t’a donné une belle visibilité. Tu vas bientôt les envoyer sur les plateformes, les gens te le demandent ?

On me l’a beaucoup demandé oui, mais on ne veut pas que ce soit ça qui soit plus mis en avant quand tu penses à moi. On va les mettre sur les plateformes, alors on l’a annoncé, mais le plus important c’est les EPs. Après, je pense qu’entre chaque EP il y aura des « Gamberge » parce que ça fait kiffer les gens !

Si tu devais faire découvrir ta musique avec un seul son, ce serait lequel ? Et pourquoi ?

Je prendrais « R », parce que je pense que c’est un morceau qui me définit bien, en terme d’écriture, de prod, de flows, de texte, c’est un morceau fort.

Admettons, tu as un projet 15 titres qui arrive et tu peux choisir trois featurings, ce serait qui ?

C’est dur, je vais essayer de l’équilibrer, je vais essayer de mettre un français à l’ancienne, une meuf, et un gars contemporain… Allez, je pense que ce serait Ninho, un remix de « L’olivier » avec Wallen et en ancien je sais pas franchement, peut-être Booba ou Kaaris.

Comment est-ce-que tu vois l’évolution de ta carrière ?

La vérité je sais pas, je m’occupe de moi, je ne peux pas dire que ça va être comme ci ou comme ça. Je fais ma musique et je suis content. Il y a des artistes qui font des calculs, des stratégies, moi pas du tout. Tu peux pas être dans le calcul.

On peut s’attendre à quoi pour la suite de ta carrière ?

Déjà on envoie les « Gamberge » sur les plateformes. Ensuite, on a finalisé un EP pour juillet, un autre en octobre, et ainsi de suite jusqu’à la fin de l’année. Il y aura peut-être des feats, des surprises, mais la ligne directrice c’est ça. Avec des clips aussi, on est dans la préparation d’un clip en ce moment. L’idéal c’est qu’à la fin des quatre EPs on fasse un concert pour défendre ma musique, mais pour l’instant ce n’est pas d’actualité !

 

Dorian Lacour