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Interview YL : « Mon public a beaucoup participé, il a eu un rôle de directeur artistique »

YL - Vaillants

Après Confidences et le double album Nyx & Erèbe et Aether & Héméra, YL va faire son retour avec un nouvel album en 2020. En attendant, il vient de publier la mixtape Vaillant ce vendredi. Entretien avec le jeune rappeur marseillais qui revient notamment sur la conception de cette mixtape, dont son public a été un acteur majeur. 

 

Pour commencer, comment occupes-tu ton confinement ?

J’étais en promo de mon album parce que de base je devais envoyer mon album. J’ai été en confinement bien avant le confinement donc j’ai eu instinctivement l’idée de faire une mixtape et ça a permis à mon public de participer à sa réalisation. 

Quel est ton rapport à la consommation de musique pendant ce confinement ? 

Je suis complètement déconnecté du rap français. Par contre, j’écoute beaucoup de rap étranger pour m’inspirer sur des toplines. J’écoute du rap américain, africain, londonien, polonais, italien et arabe que ce soit algérien ou marocain… Là où il y a du flow, je prends.

La sortie d’une mixtape c’était prévu ou c’est le confinement qui l’a fait naitre ?

Ce n’était pas prévu, c’est une idée improvisée. De base, j’avais mon album en préparation, j’avais des titres forts et j’avais commencé la série de freestyles « Larlar ». Cette série avait pour but de promouvoir des extraits de l’album. Finalement, je n’ai pas envoyé d’extrait et j’ai préféré transformer ça en une mixtape complète parce qu’étant producteur de mon label indépendant et ayant mes locaux et mon studio je suis très, très productif. J’ai beaucoup de prods, j’ai des beatmakers, j’ai tout ce qu’il faut pour faire un projet. Même en seulement quelques semaines. 

Comment s’est passée la réalisation de cette mixtape en période confinement ? 

Comme je coffrais des titres et des clips, pas forcément extraits de mon album, depuis quelques mois, que j’avais tourné des clips en Algérie et dans mon quartier d’Air-Bel à Marseille, je me suis dit pourquoi ne pas faire comme une mixtape. Je savais que j’avais trois sons clippés de prêts, j’avais plus qu’à prendre des instrus et écrire. J’ai la chance d’avoir mon studio dans ma cave qui fait 150 mètres carrés. J’habite à Air-Bel, chez ma mère que je n’ai jamais quitté à part à l’époque où je faisais mes études, et après mon deuxième album j’ai pu faire l’acquisition d’un local qui comporte un petit appartement en haut et donc une cave dans laquelle j’ai fait des travaux et que j’ai aménagée en complexe musical complet, qui comporte un studio de montage vidéo, un studio d’enregistrement et des salles annexes. C’est le siège de mon label. En période de confinement je n’avais donc pas besoin de violer les lois d’Emmanuel Macron et je pouvais quand même travailler normalement. J’ai juste à aller dans ma cave. 

Maintenant que le projet est sorti, comment comptes-tu le défendre et le faire vivre auprès du public ? 

Premièrement, j’ai vraiment envie de donner un aspect réel à ce que je viens de faire. C’est pour ça que je vais envoyer une web-série qui s’appellera « Larlar story ». Je ne sortirai pas de clip le jour de la sortie, peut-être dans les jours à venir, mais par contre je vais publier le premier épisode de la web-série. Ça va montrer comment j’ai fait cette mixtape. J’ai tout filmé, j’ai fait un délire à la Travis Scott.

Les gens qui me suivent ont beaucoup participé sur Twitter, sur Instagram, ils ont donné des idées de fou. Par exemple, l’idée du titre « Vaillante », que tout le monde appelait « Nina 2 », c’est une fan qui me l’a soufflée sur Twitter. Ce tweet a fait je ne sais pas combien de retweets, c’est arrivé jusqu’à moi et j’ai kiffé l’idée. En gros, mon public a beaucoup participé, il a eu un rôle de directeur artistique. Étant dans une structure indépendante, signée chez Universal mais indépendante, j’avais mon public et moi en directeur artistique et j’ai kiffé. Je faisais des lives sur Insta tous les soirs, j’ai vu des tweets de malade. Ça pouvait être des tweets positifs comme des tweets négatifs, on me disait « ce son il tue, mets-le dans l’album ! » ou au contraire on me disait « tu déconnes, ça c’est pas du YL qu’on connait ». J’ai kiffé, vraiment ! J’ai kiffé cette franchise, cette sincérité du public. J’ai kiffé leur participation sincère et, en vrai, je pense que je révolutionne un peu le rap game.

Je ne fais pas le Alpha 5.20 ou quoi, mais je crois que je suis le premier à utiliser mes réseaux sociaux aussi bien pour pouvoir faire un projet en collaboration avec ma Team YL. Mais c’est aussi grâce au confinement. Je n’ai jamais eu autant de messages, mais je suis chez moi donc je peux tout voir ! Carrément parfois je me suis embrouillé avec des meufs et tout sur Twitter à base de « cette instru je l’aime pas », je me disais « c’est des oufs eux », mais j’ai kiffé (rires) ! 

Sur la cover c’est une vraie photo de famille ? 

Oui, oui c’est une vraie photo de famille !

Cover de YL – Vaillants par @maxime_masgrau 

Quelle est l’idée que tu voulais faire passer à travers cette pochette ?

Je voulais montrer que je porte ça depuis enfant, que je suis vaillant depuis l’enfance. Ce que je kiffe dans cette photo c’est qu’il y a un côté personnel. A l’époque, j’avais exactement deux ans et huit mois et je ne me rappelle pas du tout de cette photo. Je ne sais plus dans quel livre j’ai lu que la mémoire commence à trois ans et finalement ça se confirme ici. Quand ma mère m’a montré cette photo et qu’elle m’a dit que c’était mes parents, mon frère et moi, je me suis dit que c’était une dinguerie ! Ce qui m’a vraiment marqué sur cette photo, c’est qu’on dirait que tout le monde est au courant de ce qui se passe, sauf moi. Quand j’ai demandé au mec de faire la cover, je lui ai demandé de me mettre en évidence, de mettre mon regard en évidence parce que je trouve que j’ai vraiment un regard innocent. J’ai kiffé cette photo.

Après, je suis aussi porteur de mes idées. Il y a un aspect communautaire derrière, il y a l’Algérie, le pays d’origine de mes parents, mais ce que j’ai vraiment adoré c’est le côté personnel. Peut-être que j’ai aussi kiffé la moustache de mon père (rires). J’ai kiffé voir ma mère plus jeune. Et puis je ne peux pas faire de cover, je ne peux pas appeler Fifou, je ne peux pas appeler Koria. Du coup, je me suis demandé comment je pouvais exprimer mes sentiments parce que les sons que j’ai mis dans la mixtape, ils me font mal. Je ne veux pas faire l’artiste, mais c’est quelque chose. Sur la cover de Confidences j’avais bien exprimé mes sentiments, sur Nyx & Erebe et Aether & Héméra aussi, j’étais dans un truc de double vie partagée entre enfer et paradis. Là, je ne voyais pas comment exprimer plus mes sentiments qu’avec cette photo. C’est trop évocateur. Si on doit retenir un seul truc, c’est que c’est une photo qui vient du cœur. 

Tu commences PGTV par « Le bon temps me manque mon ami », qu’est-ce que tu appelles le bon temps ?

C’est un peu tout en réalité. C’est un peu l’enfance, quand on avait plus le temps de jouer que de réfléchir à l’avenir. C’est peut-être un peu l’environnement qui a changé. Je viens d’une cité, il y a les mêmes problématiques que dans toutes les autres cités de France. Des problématiques de misère sociale, l’identité nationale, et de perte de temps parce que c’est beaucoup de l’ennui en vérité. Je viens d’Air-bel, une cité marseillaise où se passe 50% des règlements de compte de la ville. On a connu beaucoup de drames ces dix dernières années, donc ouais le bon temps me manque. Le temps où je n’avais pas besoin de fumer quinze joints par jour.

 

Il n’y a pas de featuring sur ton projet, c’est juste du kiff pour ta communauté ?

C’est juste entre moi et mon public. J’ai fait ça pour mes vaillants, on a fait ça ensemble. Pour parler franchement, je n’ai pas d’objectif de chiffres sur cette mixtape parce que j’ai des objectifs de chiffres uniquement sur mes albums et j’arrive avec un album cette année. J’ai déjà des feats, je vais en enregistrer d’autres et je vais bien promouvoir ça. Je voulais vraiment faire un projet intime. Je n’attends rien de ça, je suis déjà satisfait parce qu’on a fait ça ensemble. Je sais que les morceaux vont marcher à mon échelle parce que sur les lives que j’ai fait, j’ai pu faire la sélection. Je ne dis pas que je vais faire une certification avec ce projet, je dis juste que tous les mecs et toutes les meufs qui aiment le YL d’origine, ils vont kiffer parce que telle meuf va retrouver le son qu’elle voulait parce qu’elle a tweeté et tel mec va retrouver le son qu’il voulait parce qu’il l’a mis sur Insta, et tel mec va retrouver son son parce qu’il m’a harcelé et m’a envoyé je ne sais pas combien de messages ! D’un autre côté, telle meuf va pas être contente parce Vaillante, elle voulait que je l’appelle « Sarrazine » et je kiffe ! Je me suis embrouillé avec mon public pour ce projet et j’ai kiffé, c’est une dinguerie. Je crois que je vais tout le temps faire comme ça (rires) ! Quitte à faire des séminaires, à louer des hangars pour que tout le monde vienne ! Je pense que là, j’ai l’accomplissement de ce que je voulais parce que je livre mes sentiments, mais comme les gens le veulent. Je parle des gens qui me soutiennent, qui me donnent de l’amour et qui prêtent attention à mon discours. À ces gens, je leur rends ce qu’ils me donnent : de l’amour, du respect et je prête attention à ce qu’ils me disent. 

Tu as demandé à tes followers sur twitter de te donner leur définition d’un vaillant, mais pour toi c’est quoi ?

C’est quelqu’un qui, dans son attitude, va être vaillant dans le sens où qu’importe la situation, il va faire un choix mêlant moralité, intelligence et pragmatisme. Par exemple, moi je suis un vaillant parce que franchement si je n’avais pas ma tête de rebeu et s’il n’y avait pas tout ce que ça implique dans la société française, dont je fais partie, et ben je pense que je serais allé vraiment loin dans les études. J’ai eu mon bac L avec une mention assez bien, j’ai eu 17 en philo, j’ai passé une licence d’histoire et étant conscient de tout ça, j’ai quand même été vaillant parce que je n’ai pas sombré dans la délinquance dans un quartier où c’est très, très facile de le faire. J’ai connu la délinquance et malgré tout ça et grâce à l’amour de ma mère, j’ai réussi à être un vaillant dans le sens où j’ai fait ce que j’avais à faire dans la rue, donc oui j’ai glissé, oui j’ai fait des trucs pas très bien comme j’en parle dans mes sons, mais à côté de ça j’ai gardé un sens moral et ça fait de moi un vaillant. En gros, j’ai choisi le bien au lieu du mal parce que j’aurais pu être un « batard » complet ! Prenons l’exemple de ma maman. Elle est arrivée en France à la fin des années 70 et a traversé une époque de malade, ses parents ont été torturés parce que c’était la période de la guerre d’Algérie et de la décolonisation. Malgré ça, elle n’a jamais eu de haine, elle n’a jamais eu que de l’amour pour ses enfants et elle nous a donné l’éducation la plus respectable. Aujourd’hui, quand je regarde ma mère, qui approche de la soixantaine, et que je pense à tout ce qu’elle a traversé, je me dis que c’est une vrai vaillante.

Maintenant, je vais parler d’un autre cas. C’est peut-être un peu tabou, mais c’est les meufs. Aujourd’hui, elles sont traitées comme des recluses de la société. On parle de « putes », de « chiennes », mais la meuf elle va élever son gosse, elle va lui donner tout l’amour possible et peut-être qu’il deviendra avocat. Cet enfant il défendra une cause tellement puissante qu’elle sera connue par les médias, elle sera connue par l’État, elle restera dans l’Histoire et elle changera même la condition des siens dans la société. Peut-on dire que la mère est une vaillante ? Oui. Pour moi, le terme « vaillant », il varie de ouf. Dans la rue, il y a beaucoup de fils de p*te, il y a beaucoup de « voyous », de poucaves, de balances, de ce que tu veux, mais dans leur attitude, il y en a qui sont vaillants et d’autres non. Il y a des mères de famille qui sont plus ou moins aimantes que d’autres, il y en a qui sont plus ou moins sévères que d’autres, et parmi certaines sont des vaillantes et d’autres non. Je n’ai pas une vision manichéenne mais à partir du moment où tu réponds à certaines exigences, que tu fais ce que tu penses être bien et que tu le fais sincèrement, t’es un vaillant. Un jeune comme moi qui va vendre de la came, mais qui ne va pas s’acheter des Zanotti et qui va acheter une paire de TN à son petit frère pour qu’il n’ait pas à vendre de la came pour s’acheter ses TN, et ben c’est un vaillant ! Il veut changer la condition des siens. Il n’est pas content de ça et au contraire c’est un martyr, il se sacrifie et il sait très bien ce qu’il fait. Après, il y en a beaucoup qui « glorifient l’illicite », qui font des dingueries et je pense qu’ils ne sont pas conscients de ce qu’ils font, mais peut-être que leurs parents ce sont des vaillants parce qu’au final on vient tous des mêmes endroits et de la même condition sociale. Il faut se dire qu’être un vaillant c’est un état d’esprit. Ça peut convenir à tout type d’être humain, femme, homme, vieillard, enfant… Vaillant c’est une morale, ce n’est pas une nationalité, c’est un état d’esprit. 

Tu as sorti la série de freestyles Larlar, qu’est-ce que ça veut dire ?

C’est un surnom que j’ai au quartier. C’est très évocateur de ce que je suis. Larlar c’est barbare. Remplace les « l » par des « b » et ça donne « barbar ». Je suis quelqu’un de très colérique, très intègre. Je n’arrive pas à passer par quatre chemins, je suis très expressif. Je ne peux pas faire la gueule à quelqu’un sans qu’il le sache. Avec moi, il n’y a pas de trahison. En gros je te n*que ta mère en face à face (rires) ! J’aimerais bien mentir, mais je n’y arrive pas. 

Ça rejoint le fait d’être un vaillant ?

Peut-être. Peut-être que j’ai l’impression de me mentir à moi-même si je te mens à toi. J’ai un côté très barbare qui fait que. Mon blase au départ c’est Yamine L’artiste. Un jour, un collègue que j’aime beaucoup, qui s’appelle Mohammed, il m’a dit « mais toi en fait t’es un barbare, toi t’es larlar, t’es pas l’artiste, t’es larlar ». Je me suis dit « c’est un batard lui, il a fait une contraction de Molière alors qu’il n’a jamais été à l’école » ! J’ai kiffé cette idée et du coup je le mets partout « Larlar ».

Sur la mixtape on a de tout, des sons où tu kick, des sons plus dansants, des sons plus calmes, chantants, dans quoi tu te sens le plus à l’aise et qu’est-ce que tu préfères faire ?

J’aime bien chanter parce que je me trouve très, très à l’aise dans le rap dans le sens où je ne me considère pas comme quelqu’un de très, très fort mais je considère que j’ai exploité et que je connais toute ma colère. Disons que la musique c’est une question d’émotions. Je suis en colère depuis gamin et je connais ma colère mieux que tout le monde. Cette colère elle donne du hardcore et ce hardcore je le connais mieux que tout le monde. Par contre, je suis amoureux depuis pas longtemps et quand je chante je découvre un truc nouveau que je kiffe. 

A quoi doit-on s’attendre pour l’album ?

Ça sera à l’image de la mixtape. Le premier son c’est du hardcore complet, il n’y a pas une seule note d’autotune, je parle franchement sans filtre et le deuxième morceau c’est un son love. Mon but, c’est que tout le monde se retrouve dans l’album et qu’il y ait forcément un son que tu kiffes. T’es un mec qui aime le hardcore ? Il y aura un son hardcore que tu vas kiffer. C’est sûr, j’en ai fait quelques-uns. T’es un mec qui aime le love ? Il y aura du son love et tu vas kiffer. T’es un mec qui aime le conscient ? Il y aura du conscient, je le suis dans tous mes textes. C’est un peu moi. De temps en temps, je suis communiste, j’ai envie de faire la rébellion, de temps en temps je suis amoureux, de temps en temps j’ai la haine, de temps en temps je suis un grand philosophe, de temps en temps je suis un grand délinquant. C’est juste l’expression de moi-même. Si tu kiffes et que tu te retrouves dedans, c’est que tu es pareil que moi, tout simplement (sourire). 

D’ailleurs comment se passe l’avancée de l’album, le confinement t’a ralenti ?

Non parce que les titres où je suis solo, je les ai « déchargés ». Ça veut dire que les titres qui devaient être dans l’album, je les ai mis dans la mixtape. J’ai gardé que quelques feats que je garderai secrets, je ferai d’autres feats et d’autres sons en solo, tout simplement. J’ai le temps.  

Ça fait un peu plus d’un an depuis ton dernier projet, ton nouvel album sera encore plus travaillé niveau concept que les précédents ou ce sera plus soft ?

Je pense que ça sera beaucoup plus simple, plus concis mais tout aussi puissant. Je pense que beaucoup plus de gens vont comprendre mais que la puissance sera la même parce que c’est à mon image et je fais la musique que j’aime. 

Est-ce que quelque chose a changé en un an dans ta façon de travailler ?

Je suis beaucoup plus sévère avec moi-même. 

Tu disais qu’avec Nyx et Erebe tu commençais à te trouver, est-ce que tu penses que tu t’es trouvé aujourd’hui ?

Pas encore. Je ne sais pas encore tout à fait où je vais.

Tu t’es séparé de ton producteur Bylka Prod en octobre, tu es dorénavant en indépendant tu t’auto-produis, comment s’organise cette nouvelle vie de producteur pour toi ?

C’est beaucoup moins de vie personnelle et beaucoup plus de vie professionnelle. 

C’était un objectif de devenir indépendant ou c’est arrivé un peu sans que tu t’y attendes ?

Un peu des deux. C’était un objectif, mais je ne me voyais pas l’ouvrir si tôt. Finalement, ça a été le bon moment. 

Est-ce que tu arrives à corréler la production et ton rôle d’artiste ? 

C’est plus difficile, mais il y a aussi plus de mérite que ce soit financier ou médiatique. 

Toi qui es passé par les majors et maintenant l’indépendance, quelle différence tu ressens entre les deux ?

Il y a beaucoup plus de fatigue. Heureusement que je sais m’adapter, que je suis un combattant et que peu importe la situation j’avancerai par la Grâce de Dieu.

La mixtape « Vaillants » de YL est disponible sur toutes les plateformes de streaming.

 

Dylan De Abreu