Le 11 Septembre 2023, à deux heures du matin, le rap français a tremblé. Freeze Corleone a dévoilé, 3 ans après LMF, son nouvel opus ADC (L’Attaque des clones). 13 titres, aucun featuring, aucune prod drill. Le projet sonne comme un retour, motivé par plusieurs raisons, dont une envie de réponse évidente aux multiples détracteurs.

Cover : Freeze Corleone – ADC (© Fifou)

Une volonté de se détacher de LMF

À moindre mesure, car il est évident que Freeze garde certains codes qui ne sont d’ailleurs pas seulement propres à LMF mais à son identité. La nature de ses textes animés par le complot, l’argent, une envie de réussite financière maladive, son avis sur les sujets du monde qui l’entoure…

Mais tout comme à l’approche de LMF, Freeze balance le banger Shavkhat que l’on peut apparenter à Hors ligne sorti avant LMF. Là où l’on pourrait penser voir un Freeze Corleone assagit, apaisé par sa réussite et découragé par ses multiples boycotts et polémiques, que nenni ! Il commence d’ailleurs dés l’introduction, et on va s’attarder sur cette dernière.

Freeze a choisi de ne pas faire Freeze Raël 2, et c’est tout à son honneur. Des inserts de personnalités politiques ou journalistiques qui parlent de lui, c’est la nouveauté sur cet album, et dès les premières secondes de MW2. Certaines choses ne changent pas comme dit précédemment. Les références, les S/O, son rapport quelque peu contradictoire et assumé à sa religion… MW2 est une réussite.

Un album brillant, mais… 

On retrouve Flem sur la majeur partie des titres, et l’introduction de Rayane Beats qui apporte une touche de fraicheur et de renouveau à l’empreinte musicale de Freeze. Certains titres sont exceptionnels, on pense notamment à Ancelotti, Kpop, L’Homme méthode ou encore Isshin Ashina sorti tout droit de l’époque Projet Blue Beam. 

D’un point de vue texte, on remarque que si l’auteur de LMF était déjà très limite sur certains sujets par le passé, il n’a désormais plus de barrières. « 20-20 j’suis rentré, j’ai laissé ouvert, 20-23 j’remets les couverts ». L’artiste ne compte jamais se travestir et garder son intégrité « J’reste vrai jusqu’à c’que j’sois entre des planches ». Il continue également son épopée contre la pédophilie, qui plus est dans la sphère publique, en s’attaquant à différente personnalités :

« PDM pour Pierre Palmade, si possible avec des techniques qui viennent d’Allemagne »
« Dans le rap jeu, j’ai plus d’enfants que dans les sous-sols de chez Bill Clinton »,
« La mort pour Joe Biden et son fils Hunter »

Il convient de relever la prise de risque sur le titre « Jour de plus » qui n’est pas du tout dans ses habitudes musicalement. Au delà d’une simple tentative, ça connote bien l’idée derrière ADC. Éviter les redondances pour ne pas qu’on se lasse. Il ne faut néanmoins pas oublier un détail, LMF c’est 17 titres plus ou moins semblables dans la même couleur musicale. Pourtant, difficile de se lasser, car à l’époque, Freeze c’est nouveau pour le grand public, tout ce que l’artiste touche se transforme en or, la France entière se l’arrache en featuring, on appelle plus communément cette période un Prime.

Sur cet opus, il réalise le meilleur démarrage de sa carrière (34 804 ventes en S1) mais sa musique ne transcende plus autant, et c’est totalement normal.

Et la suite ?

Freeze Corleone a 31 ans, plus de 200 000 ventes au compteur et une discographie qui commence à s’étoffer. Il convient de s’interroger sur la suite de sa carrière, évident qu’il n’est pas à son dernier tour de piste, mais quelle suite pour Chen Zen ? La production ? La diversification musicale ? La même recette indéfiniment ? Il y a des artistes que l’on ne voit pas continuer sans être au top, et il en fait partie. Dans tous les cas, on souhaite qu’il continue à performer comme il le fait si bien en restant fidèle à lui même.

Ekip

Écouter « ADC » de Freeze Corleone sur toutes les plateformes de streaming.

Youcef Benouada